A propos

7 April 2009

Comme beaucoup de mes congénères, j’ignorais tout de la céramique jusqu’à un âge avancé. L’argile, qu’on appelait « glaise », n’était rien d’autre que cette matière qui collait aux chaussures, salissait le bas des pantalons, remplissait les garde-boue de nos vélos et, freinant nos roues, gâchait le plaisir de nos escapades sur les chemins après la pluie. La vaisselle n’était que de la vaisselle, elle faisait du bruit en cassant, ce qui provoquait d’houleuses réactions chez les adultes.

a propos ceramiques Faillat

Bien plus tard, j’appris de quoi était faite cette vaisselle. Non pas celle en verres spéciaux, très solide, très pratique, pas très chère, qui garnissait la table du ménage « moderne » des années soixante, mais celle dont les décors un peu vieillots étaient parfois interrompus par une fissure noircie ou une ébréchure, témoins des bons services rendus à ses propriétaires ou à leur maladresse. J’appris aussi que l’argile ne servait pas seulement à fabriquer de la vaisselle.

Si j’excepte les barbotis originels de mon enfance dans la gadoue francilienne, j’eu mes premières expériences céramiques dans le Nord de la France, à la fin des années 70. Puis, de l’Académie des Beaux Arts de Dunkerque en 1982-83, je passai à l’Ecole du même nom à Mâcon de 1983 à 1986, et c’est dans cette région que j’installai mon atelier, non loin de Cluny.